Accusée d’opacité et d’entre-soi, la justice disciplinaire de la profession est de plus en plus contestée. En cause : les affaires récentes de violences internes, qui ont ravivé les critiques sur le faible nombre de poursuites, la portée limitée des sanctions et la mise à l’écart des plaignants. Une réforme est en préparation.

Alors que, depuis deux ans, des grands noms de la profession, comme Emmanuel Pierrat ou Antoine Vey, ont eu des comptes à rendre dans des affaires de harcèlement, le bâtonnier Pierre Hoffman souhaite un accroissement des droits des plaignants dans la procédure.

Ceux qui portent la robe ne veulent plus laver leur linge en famille. Ou plus dans ces conditions : une tribune du «Monde» signée par 135 avocats réclame une réforme de la procédure ordinale. Le barreau de Paris et le Conseil national des barreaux disent à «Libération» plancher sur le sujet.

L'avocat était accusé depuis plusieurs années par d'ex-collaborateurs, hommes et femmes, dénonçant des gestes ou des propos vécus comme du harcèlement moral ou sexuel.

Un collectif d’avocats, dans une tribune au « Monde », explique que leurs pairs hésitent avant de mettre en cause l’un des leurs pour harcèlement ou pratiques douteuses, en raison de la mise à l’écart des plaignants durant la procédure. Ils réclament une réforme.

Le conciliateur du CNOSF a souligné la légèreté juridique, en l'absence de confrontation et de justification,du conseil fédéral qui a suspendu le skipper Kevin Escoffier pour comportement inapproprié. La procédure pourrait être relancée.

Dans un avis rendu vendredi 15 mars, le CNOSF a estimé que la commission d’appel de la Fédération Française de voile avait méconnu le principe du contradictoire et que sa décision de suspension de cinq ans du skipper Kévin Escoffier, pour comportement inapproprié et harcèlement sexuel, était insuffisamment motivée.

Suspendu dix-huit mois par sa fédération pour comportement inapproprié, le skipper Kevin Escoffier a décidé de porter l'affaire devant le comité national olympique et sportif français (CNOSF) .